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Comment améliorer son style d'écriture ?

Introduction

Le style d’écriture est souvent vécu comme une source de frustration. Beaucoup d’auteurices ont l’impression de ne pas en avoir, ou de produire des textes trop lisses, trop semblables à ceux des autres.

On se compare, on doute, on se dit que notre plume manque de personnalité. Pourtant, le style n’est ni un don mystérieux ni une qualité réservée à une poignée d’élus. C’est une matière vivante, mouvante, qui se façonne avec le temps, l’expérience et la réécriture.

Ce qui est rassurant, c’est que le style n’apparaît pas un jour par magie. Il se construit à partir de ce que tu es déjà. Si tu donnais un même paysage à décrire à dix auteurices, tu obtiendrais dix textes différents. Les images, le vocabulaire, le rythme, les détails choisis ne seraient jamais les mêmes. C’est précisément là que le style se niche : dans la manière singulière que chacun a de regarder le monde et de le traduire en mots.

Améliorer son style d’écriture, ce n’est donc pas chercher à devenir quelqu’un d’autre. C’est apprendre à écrire de façon plus juste, plus précise, plus consciente, jusqu’à ce que ta voix s’affirme naturellement.

Le style d’écriture : une question de précision

S’il fallait résumer le travail du style en un seul mot, ce serait celui-ci : la précision.

Un texte fort est un texte qui dit exactement ce qu’il veut dire. Ni de manière floue, ni en surchargeant inutilement le propos. La précision permet au lecteur de voir, de ressentir, de comprendre sans effort.

Un style imprécis donne souvent l’impression que le texte flotte, qu’il manque d’ancrage. À l’inverse, quand les mots sont choisis avec soin, le récit gagne immédiatement en densité. La précision ne rend pas un texte froid ou rigide ; elle le rend plus incarné, plus vivant, plus crédible.

Travailler son style, c’est donc avant tout apprendre à interroger ses propres phrases. Est-ce que ce mot est le bon ? Est-ce que cette image dit vraiment ce que je veux transmettre ? Est-ce que je pourrais être plus juste, sans être plus long ?

Se libérer des mots vagues et des automatismes

Avec le temps, tous les auteurices développent des automatismes ou des tics d’écriture. Certains mots reviennent encore et encore, presque malgré nous.

Des termes comme « très », « souvent », « parfois », « un peu » s’installent discrètement dans le texte et finissent par affaiblir la phrase. Ils donnent une impression d’à-peu-près, comme si l’auteur n’osait pas aller au bout de ce qu’il veut dire.

Gustave Flaubert affirmait que tout le talent d’écrire consistait à choisir les bons mots. Et, à mon sens, il avait raison. Dire qu’un personnage est « très grand » n’apporte pas grand-chose. Dire qu’il dépasse tous les autres, qu’il domine la foule ou qu’il doit se pencher pour passer une porte crée immédiatement une image plus forte.

De la même manière, dire qu’un événement arrive « souvent » reste flou, alors que préciser une fréquence, une habitude ou une exception, ancre le récit dans quelque chose de concret.

Prendre conscience de ces mots vagues est déjà une première étape essentielle. La réécriture est le moment idéal pour les traquer, les questionner et les remplacer par des formulations plus précises, plus évocatrices.

Alléger son style en maîtrisant les adverbes

Les adverbes font partie des outils préférés de nombreux auteurices, souvent parce qu’ils semblent apporter une nuance ou une précision supplémentaire. Pourtant, utilisés en excès, ils ont tendance à alourdir les phrases et à affaiblir l’impact du verbe.

Lorsqu’on écrit qu’un personnage « tombe lourdement », l’adverbe tente de compenser la faiblesse du verbe. Mais remplacer cette formulation par « il s’effondra » ou « il s’écroula » rend la scène immédiatement plus forte. Le verbe, à lui seul, porte déjà l’image et l’intensité.

Il ne s’agit pas de supprimer tous les adverbes de son texte, mais d’apprendre à les utiliser avec discernement. Un adverbe devient intéressant lorsqu’il apporte une information que le verbe ne contient pas déjà. Plus ils sont rares, plus ils gagnent en poids et en efficacité.

Redonner de la force aux verbes

Le style d’écriture repose énormément sur le choix des verbes. Certains verbes sont indispensables, mais peu expressifs. Être, avoir, faire, aller, dire sont omniprésents dans nos textes, souvent par habitude. Le problème n’est pas leur existence, mais leur surutilisation.

Un verbe précis apporte du mouvement, une intention, parfois même une émotion. Un personnage qui « va » quelque part ne vit pas la scène de la même manière qu’un personnage qui s’y précipite, qui s’y traîne ou qui hésite avant d’y aller. De la même façon, un secret que l’on « dit » n’a pas la même portée qu’un secret que l’on avoue, murmure ou crache avec colère.

En remplaçant progressivement les verbes faibles par des verbes plus expressifs, le texte gagne en relief. Les personnages deviennent plus incarnés, les scènes plus dynamiques, et le style s’affine presque naturellement.

Miser sur la clarté plutôt que sur la complexité

Un style travaillé n’a pas besoin d’être compliqué. Il existe une idée tenace selon laquelle bien écrire implique des phrases longues, sophistiquées, parfois difficiles à suivre. En réalité, la clarté est souvent bien plus exigeante que la complexité.

Un texte peut être riche, profond et nuancé tout en restant lisible. Des phrases trop longues ou trop chargées risquent de fatiguer le lecteur et de diluer l’émotion. À l’inverse, une syntaxe claire permet au récit de respirer et de gagner en efficacité.

Travailler son style, c’est aussi apprendre à varier le rythme. Alterner phrases courtes et phrases plus longues, laisser des silences, créer des respirations. La musique du texte compte autant que les mots eux-mêmes.

Le rôle du rythme dans l’identité stylistique

Le style ne se limite pas au vocabulaire. Il se manifeste aussi dans le rythme de l’écriture. Certains textes sont rapides, nerveux, presque haletants. D’autres prennent leur temps, s’attardent sur les détails, laissent les émotions s’installer.

Ce rythme n’est pas figé : il peut évoluer selon les scènes, les enjeux, l’état émotionnel des personnages. Une scène d’action n’appelle pas la même cadence qu’un moment introspectif. Être attentif à ce rythme permet d’améliorer considérablement la fluidité et l’impact du texte.

Lire son texte à voix haute est souvent très révélateur. Ce qui sonne faux, ce qui traîne ou ce qui accroche devient immédiatement perceptible. Le style passe aussi par l’oreille.

Lire pour nourrir son propre style

Cela n'engage que moi, mais je considère que l'on améliore aussi son style d’écriture en lisant. Même si ça ne suffit pas, on est d'accord, lire en conscience, en observant les choix stylistiques des autres auteurices, permet de progresser beaucoup plus vite.

Se demander pourquoi une phrase fonctionne, pourquoi une scène marque, pourquoi une voix nous touche est un excellent exercice. Il ne s’agit pas d’imiter, mais de comprendre. Chaque lecture devient alors une source d’apprentissage, un réservoir d’idées et de techniques que l’on intègre peu à peu à sa propre écriture.

Avec le temps, ces influences se mélangent, se transforment, et laissent place à une voix personnelle.

Quand retravailler son style dans un projet de roman

Cela dépend de ton approche de l'écriture. Certaines personnes apprécient de travailler leur style au fur et à mesure qu'elles écrivent. Pour ma part, même si j'ai un côté perfectionniste, j'aime laisser ce travail du style dans les dernières phases de réécriture.

Avant cela, il est essentiel pour moi de m’assurer que les fondations du texte sont solides : l’intrigue, les personnages, l’univers, la structure. Polir une plume sur une histoire encore bancale peut vite devenir décourageant.

Une fois ces éléments en place, la réécriture stylistique devient un véritable plaisir. C’est le moment où l’on affine, où l’on coupe, où l’on précise. Le texte se révèle peu à peu, gagne en maturité, en cohérence et en force.

Conclusion

Améliorer son style d’écriture est un travail patient et non figé dans le temps.

Chaque texte est une étape, chaque réécriture une occasion d’affiner sa voix. Il n’existe pas de raccourci, mais il existe une progression réelle pour celles et ceux qui prennent le temps d’observer, de questionner et de retravailler leurs mots.

Chercher la justesse plutôt que l’effet, la précision plutôt que la démonstration, est souvent la meilleure façon de laisser émerger un style authentique et durable.

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